Le marathon estival.

C’est déjà les vacances pour certain-e-s et bientôt pour d’autres. Pendant ces semaines à la relâche, on n’a pas tou-s-tes l’occasion de savourer réellement une série ou un livre avec les nombreuses contraintes quotidiennes. Avec la période estivale qui arrive, tu vas sûrement rattraper certaines séries, lire des romans et de découvrir de nouveaux horizons culturels. Cela tombe très bien, car je vais te parler des différentes ressources culturelles qui vont m’accompagner durant ces prochaines semaines, en voyage comme à la maison. Ce qui peut te donner certaines pistes.

LITTÉRATURE

  • The Girls, Emma Cline (à gauche) : J’ai commencé récemment la lecture, et bien qu’il soit vraiment dense concernant les détails, le début de l’intrigue est fort intéressante. Celle-ci se déroule à la fin des 60’s, au nord de la Californie. Evie est une ado solidaire, parfois incomprise, ayant pour seule compagnie sa meilleure amie Connie, en plus de ses parents avec un mode de vie un peu atypique. Elle adule discrètement un trio de jeunes adultes, dont Suzanne, revendiquant une certaine liberté, et entreprend une véritable quête d’identité. Je trouve personnellement qu’Emma Cline à une plume fascinante pour évoquer certains thèmes et quotidiens qui me passionnent. Certes, je n’en suis qu’au début (soit une soixantaine de pages) mais cela présage une suite vivement hâtive.

  • Mon Amie Gabrielle, Cordélia (au centre) : Ce nom ne te dira peut-être pas grand chose, mais Cordélia est à la fois vidéaste, autrice et activiste LGBTQA+ inspirante, à suivre entre autre sur Twitter. Elle a publié à la fin 2016 son premier roman, évoquant sur une période d’une dizaine d’années, les vies de Salah et Gabrielle. Centré autour de la transsexualité, invoqué sûrement avec sincérité et réflexion, cela ne fait que renforcer mon excitation de le lire. Petit bonus (en plus de sa publication en auto-édition) : le e-book est à prix libre, avec possibilité de faire un petit don pour soutenir ses prochaines publications ! Il est à retrouver ici.

  • Trois Saisons D’Orage, Cécile Coulon (à droite) : Ca faisait un moment que je voulais lire de la littérature locale, vu que cette autrice vient de ma ville actuelle. Après avoir entendu bon nombre d’éloges la concernant, il est grand temps d’ajouter son dernier ouvrage dans ma PAL. Celui-ci oppose la ville et la campagne, l’humain et l’état naturel, dans une saga aux allures de vestiges d’été. Le cadre spatio-temporel ? Le XXème siècle. Un village, des familles, travaillant dans le médical ou l’agriculture. Un véritable retour aux sources pour comprendre les tragédies d’une génération.

 

SÉRIES

  • Sense8, 2 saisons : Même en n’ayant pas encore suivi cette série, je ne comprends pas que Netflix l’ait annulée pour des raisons budgétaires (voire de marketing !). Cependant, les valeurs progressistes portées par Sense8 sont remplies d’espoir dans un monde qui sombre petit à petit dans la régression des libertés, surtout pour les minorités. Raison de plus de la regarder et de pleurer (de joie ou de tristesse) à la fin.

  • SKAM, 4 saisons : Impossible de ne pas parler du phénomène norvégien devenu viral. La forme de présentation des aventures de cette bande de jeunes adultes est bien foutue (compte 20 min environ réunissant 5 pastilles de 4/5 min pour un épisode), et même si les deux premiers épisodes m’ont convaincue à moitié, je compte bien laisser une chance. Ce que j’apprécie le plus dans SKAM ? Son OST et le traitement de la réalité, reflétant au mieux le quotidien de ces millennals.

  • The Handmaid’s Tale, 1 saison (TW : viol) : Sous le parfum du totalitarisme, les USA réduisent désormais toutes les femmes à un seul droit et devoir : la procréation, notamment de force. A l’heure où certains pays remettent sur la table les droits à l’IVG et à l’accès de prévention, cette série (ainsi que le roman ayant servi à cette adaptation) sont des ressources fortement utiles.

  • Sweet/Vicious, 1 saison : Même sentence (hélas !) que Sense8, Sweet/Vicious est une série qui aurait mérité une suite, en plus d’être TROP sous-estimée. A la tête de ces 10 épisodes, un duo de nanas complètement badass, traitant des agressions sexuelles avec réalisme et donnant la parole aux victimes. Ce qui est assez rare dans le monde audiovisuel, alors que les viols sont toujours minimisés et en faveur de l’agresseur. Cette série est clairement d’utilité !

 

MUSIQUE

  • Melodrama, Lorde : Et si c’était l’album pop de l’année ? La néo-zélandaise met en musique les mélodies de la fête et de la tristesse avec des tubes à la pelle renvoyant à notre époque si tourmentée. Toujours aussi dark que Pure Heroine, ce deuxième opus a cependant un côté plus lumineux et travaillé, fonctionnant comme un ascenseur émotionnel en decrescendo. Écoute Supercut, Homemade Dynamite, Perfect Places ou Sober : celles-ci reflètent totalement un mode de vie en automatique (et notre société !) soit boire et s’amuser pour oublier les peines sans tomber dans l’excentricité.

  • Truth Is A Beautiful Thing, London Grammar : La recette de la bande de Hannah Reid n’a pas changé. Des mélodies minimalistes, une voix envoûtante et un moment suspendu hors du temps. C’est toujours aussi doux pour les oreilles et le coeur. Et puis Oh Woman Oh Man et Truth Is A Beautiful Thing me rendent toute chose quand je les écoute.

  • Cigarettes After Sex, Cigarettes After Sex : J’arrive après le début de hype de ce groupe, soit deux ans après, cependant ce premier LP des américains vaut clairement le détour. Un album aux influences cinématographiques, à la voix velourée et unisexe de Greg Gonzalez, autour de l’amour. Et dieu sait qu’on a envie de tomber en amour avec cette BO caniculaire, un poil mélancolique et vintage. A écouter avec un verre de vin rouge à la main.

FILMS

Deux films récents, à voir au cinéma actuellement : Visages Villages, une collaboration entre Agnès Varda (réalisatrice que j’ADULE !) et le dessinateur JR. Le duo s’élance dans un voyage humain et rural à travers l’hexagone (avec un camion), renouant avec la source campagnarde et la vie locale. Les dessins de JR prennent d’ailleurs vie dans ces coins-là, raison de plus de privilégier davantage ce mode de transmission artistique. Quant à Ava de Léa Mysius, il raconte le combat de vie d’Ava, une jeune ado perdant doucement la vue. La prestation de Noée Abita (au moins ce que j’ai vu) est pas mal impressionnante pour son âge, privilégiant le corps et les autres sens pour se lancer à la quête de l’identité. Le traitement de l’image (avec un tournage en pellicule 35mn) peut effectivement finir par te convaincre !

Deux tonalités, deux mondes.

Avant une pause concernant l’arpentage de lives, mon mois d’avril était riche en concerts programmés depuis un moment ou à la dernière minute. Il y en a deux qui ont retenu mon attention, un que j’ai réellement apprécié et un autre qui était sans énorme attractivité voire passable : Austra à l’Epicerie Moderne et Jain à la Coopérative de Mai. Attention, cet article n’est pas un match opposé, mais des mini-reviews à part entière.

AUSTRA – Epicerie Moderne (Feyzin, 69) – 12/04

Crédit : Marion Hermet

Voir la bande de Katie Stelmanis était un vieux souhait datant de quelques années, et le déplacement sur Feyzin valait vraiment le coup. Leur dernier album, Future Politics, est rempli de bon sens à l’heure où les populismes remontent à la surface du monde. Il est d’ailleurs important de souligner l’importance de s’interroger sur notre monde actuel – et de son sort – en s’imprégnant du pouvoir de la synthpop. En déesse moderne mi-lyrique mi-punk, une des têtes de la queer music canadienne déploie une aura vocale de soprano non loin d’une Florence Welch. Affichant trois albums en une dizaine d’années de carrière, la tournure musicale a réellement pris une ampleur sombre lors des premiers morceaux du set, soit les quatre titres introduisant ce dernier opus, ou plutôt, de cette dystopie actuelle imaginée par Stelmanis et ses compères. Un monde accentué par le lyrisme dramatique, comme si le concert devenait un théâtre engagé vers l’émancipation et la réflexion. Mais bon, le live en lui-même ressemblait également à un best-of : ne connaissant pas Lose It ou Beat And The Pulse – j’étais clairement passée à côté – c’était un petit bonheur de les découvrir, sans oublier le demi-trémoussage du corps – oui oui – sur Painful Like ou Home. Il paraît qu’au delà de l’observation, la pop synthétique d’Austra peut réveiller les morts.

JAIN – Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand, 63) – 19/04

Crédit : Marion Hermet

Je ne vais pas plus présenter l’artiste en elle-même – elle est désormais un peu partout alors t’as sûrement entendu.e au moins une fois dans ta vie Makeba ou Come – mais j’étais vraiment curieuse du virage pris dans sa scénographie. Vue une première fois à Europavox l’année dernière, j’avais eu un petit coup de coeur pour elle : son mélange des cultures et son énergie étaient impressionnants, surtout pour une artiste débarquant à peine dans la véritable sphère musicale. Le début du concert était mal parti : j’avais peur que le côté hyper-médiatique avait pris le dessus du domaine artistique et qu’elle se présente comme une simple artiste marketée malgré des signes visuels désormais marquants (sa tenue et des tableaux de scène rappelant Keith Haring ou Marjane Satrapi). Au fur et à mesure que le set avançait, je l’ai malheureusement ressenti de cette façon. C’est peut-être pour une de ces raisons que je n’aime pas forcément aller voir des artistes archi-connus en live. Sauf que, point positif dans tout ça : ce concert était un véritable juke-box vocal et que la dancefloor vibe a réellement pris le dessus. C’est surtout l’ambiance en elle-même qui a sauvé les meubles d’une soirée qui m’a convaincue à moitié. Jain est une véritable showhuman menant sa baguette pour mettre l’audience en sueur puissance mile. C’était gratifiant d’entendre Dynabeat ou Lil Mama en claquant des doigts ou en sautillant comme si sa vie en dépendait.

Le féminisme en trois podcasts.

Aujourd’hui, c’est la Journée Internationale de la Lutte des Droits des Femmes. En ces temps troubles, entre la remise en question de l’avortement à travers le monde (Pologne, USA, voire la France et autres…) ou les inégalités multi-sociétales femmes/hommes, on n’a plus que jamais besoin du féminisme, contrairement à certain-es qui s’amusent à le rendre « accessoire » comme un simple phénomène de mode : les récentes unes de la presse féminine – Elle, Glamour – ou de l’édito de Glamour (bien stéréotypé d’ailleurs) – voir le tweet de Florence Pelissier ci-dessous – en témoignent.

Non, le féminisme n’est pas « pop » et « léger », il est fort, engagé et multiculturel. On évite de lire ces papiers qui le décrédibilisent, d’accepter les offres commerciales spécialement montées pour ce jour-là. Voici trois podcasts, gratuits, autour du féminisme, que ça soit dans l’histoire, la musique ou la société, avec des figures modernes ou contemporaines, à écouter et à partager.

A l’occasion des Women’s March en janvier dernier, France Culture s’était intéressée aux voix du féminisme, à travers discours et archives. Simone de Beauvoir, Michelle Obama, Christiane Taubira ou Benoîte Groult : toutes ont marquées un morceau de l’Histoire.

Encore chez France Culture, qui consacrait en août dernier une série de documentaires produites par Charlotte Bienaimé et réalisées par Annabelle Brouard, autour des nouvelles voies du féminisme. L’IVG, les violences, le féminisme post-colonial… Ces podcasts – longs mais hyper intéressants – sont de bonnes ressources pour se constituer une culture féministe et à comprendre les enjeux importants des combats menés depuis des décennies.

L’industrie de la musique étant encore trop masculinisé, sexiste et misogyne, la musicienne et interprète britannique Laura Marling a enregistré l’année dernière une série de dix podcasts, Reversal Of The Muse. Donnant la parole à différentes actrices du monde musical, qu’elles soient productrices, musiciennes, compositrices, songwriteuses ou ingénieuses du son : Marika Hackman, Dolly Parton, Karen Elson, les soeurs Haim ou Catherine Marks, ces dernières évoquent la créativité musicale au féminin et la place des femmes dans l’art.

« kitsch oldies but goodies ».

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Tout est dans le titre. Une playlist qui sent bon le bon vieux CD estampillé Dance Machine, peut-être bien rayé à force de l’écouter 43246 fois dans la voiture ou sur son lecteur CD/sa chaîne-hifi. Des titres joués plus ou moins à la radio, nichés entre Madonna et un groupe dont vous ne souvenez plus de leur existence. Ou alors, vous étiez bien trop jeunes pour vous rappeler d’unetelle chanson, trop occupé à résumer son monde à un berceau et des peluches. Glisse une diabolo grenadine dans ton verre ou ta gourde, mets ton casque et (re)plonge-toi dans les 90’s/tout début des 00’s, avec des traces de régressif, de boys band, d’eurodance kitsch, de rap/électro qui te feront du bien.

Des légumes et de l’art.

Capture de son site off (je n'avais pas très envie de lui piquer une illustration sans son autorisation...)
Capture de son site off (je n’avais pas très envie de lui piquer une illustration sans son autorisation…)
Aujourd’hui, je m’intéresse aux illustrations rétro et gustatives de Martha Anne ! Dessinatrice britannique, ses tableaux de légumes ou de pâtes me rappelle les fameuses présentations d’aliments – pour voir de quoi je parle, c’est ici ! – trônant dans certaines cuisines. Elle ne fait pas seulement des dessins de bouffe, mais aussi des chats trop mignons, d’adorables personnages variés et des cartes de voeux à tomber !

Pour en savoir plus sur son univers, go visiter son site off et son Etsy !

Safia aka the queen.

« Wouah fait froid c’est un temps à se foutre sous la couette avec son pyjama doudou, du chocolat chaud/thé fumant (barre la mention inutile) et un binge watching sur Netflix… » voilà le discours lambda de certain.e.s que tu as déjà commencé à entendre et qui va durer jusqu’au printemps. Puis y’a un album texture coton, ceux qui t’accompagnera pendant les prochaines semaines dans les révisions/balades/autre activité (barre UNE FOIS ENCORE la mention inutile !). Cet album, qui ouvre mon mini calendrier de l’Avent, c’est Reprises Vol. 1 de Safia Nolin.

bandcamp.com
bandcamp.com

Ok je l’avoue, son premier album sorti l’année dernière est un véritable baume au coeur et s’accorde à tous les temps, toutes les envies – si jamais tu n’as écouté Limoilou, je te conseille d’aller réparer ça tout de suite. Il y a quelques jours, Safia a publié un disque surprise composé de huit reprises de classiques québécois. Dessus, elle reprend merveilleusement bien Céline Dion, Marie Carmen – avec Marie Carmen herself en feat c’est tellement classe – ou Julie Masse. Comme par hasard, l’opus se conclut par une chanson taillée pour la période festive – Le sentier de neige – qui ferait presque passer l’orignale pour ringarde.

Pour l’écouter/l’acheter/l’offrir – physique ou digital – c’est par ici !

Victoria chez les extraterrestres.

Aujourd’hui, je vais parler séries. Non non, la section ‘séries » que tu vois en haut de ton écran ce n’est pas seulement pour faire joli, mais c’est également l’occasion de présenter quelques séries regardées récemment, plus ou moins connues. Etant donné que je ne suis pas une grande accro du genre, je me pousse cependant à en visionner quelques-unes dès que j’ai un peu de temps libre. Et comme le titre l’indique – ou presque ! – je vais évoquer deux séries dont tu en as sûrement entendu parler ces dernières semaines : Stranger Things et Victoria.

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Difficile de ne pas être passé devant ce phénomène estival qu’est d’autre que Stranger Things. Si ça se trouve, t’as même adopté l’une des tenues emblématiques d’Eleven – interprétée par Millie Bobby Brown, aka l’une des mes révélations de 2016 – pour Halloween : je ne dirais pas ce que c’est, ça relèverait du spolier ! En gros le pitch de cette série, c’est un gamin qui disparaît soudainement en pleine nuit. On y découvre que cette affaire, gérée par le FBI et la police notamment, ne va pas toucher seulement Will – le jeune ado en question – mais va s’attaquer à quelques autres têtes innocentes. Ce qui est super intéressant, c’est le réseau physique impressionnant rien que dans ce petit village tranquille d’Indiana : y’a un gros bout de Twin Peaks dans les inspirations des frères Duffer. C’est déjà un premier bon point. La première saison est certes courte – 8 épisodes –  et même s’il y a des moments creux dans certains épisodes – notamment au milieu – elle vaut vraiment le détour et on s’attache assez vite aux personnes. L’immortelle – oui ! – Winona Ryder campe un rôle psychologiquement dur – la mère de Will – avec une presta assez incroyable. Le bonus, c’est la playlist (c’est ici) qui te replonge dans l’ambiance de la série – et directement en 1983 – afin de combler le manque jusqu’à la seconde saison prévue pour 2017 !

digitalspy.com
digitalspy.com

Comme dirait le fameux Doctor, allons prendre le TARDIS et partons en Angleterre en 1837. La nouvelle série de la chaîne anglaise – ça alors ! – ITV évoque le début du règne de la reine Victoria où Jenna Coleman – seconde référence à Doctor Who, again – incarne cette figure historique hautement fascinante. Comme pour Stranger Things, la première saison contient 8 épisodes, mais cela suffit à couvrir des premiers moments d’Alexandrina Victoria – avant de raccourcir son nom lorsqu’elle prendra ses fonctions royales – en tant que reine à la naissance de son premier enfant. Finalement, même réaction que la première série présentée : j’ai bien aimé l’ensemble, aussi bien pour les acteurs que la période traitée avec une grande précision et un esthétisme plaisant. Ca fait grave plaisir de voir une des ses actrices préférées tenir un premier rôle qui lui convient bien, tout en prenant compte des rebondissements présents dans l’épopée. En effet, les premières années de la reine n’ont pas été de tout repos avec les scandales déclarés – dès le premier épisode ! – et son ambition royale foisonnante. Mais si tu veux en connaître plus sur la vie de Victoria, fonce la regarder. Au passage, elle aura également sa seconde saison – avec un épisode de Noel – l’année prochaine.