L’âge de trop ?

J’introduis cette première review musicale depuis Safia Nolin (depuis l’année dernière en gros) par des anecdotes ressorties du moi de 16/17 ans. J’ai eu ma période Indochine il y a quelques années : premier groupe que j’ai réellement kiffé – si on ne compte pas Superbus, c’était un accident de route que j’assume peu maintenant – que je les ai suivi sur les routes de leur précédente tournée entre deux journées de cours – cela retombe à 2013, le coup de vieux – et qui aura contribué à une bonne partie de mon éducation musicale – voire culturelle – à écouter les radios du service public, à aller voir certains concerts – à l’époque j’habitais encore en campagne et la Coopé était à 1h de chez moi. Même si je ne suis plus autant une aficionado, je suis encore leur actu grâce aux ami.e.s rencontré.e.s durant ces années, et a pu réellement découvrir leurs vieux albums il y a deux étés de cela (La machine à rattraper le temps est une des mes chansons fétiches d’eux bordel).

Artwork de « 13 » photographié par Erwin Olaf

Ca c’était pour la partie je raconte ma vie : Nicola Sirkis et son gang ont sorti, en pleine heure de ranger le transat et de ressortir son cahier et son organisateur, soit le 8 septembre dernier, leur treizième album. Sobrement appelé 13 – perso je vais l’appeler Thirteen ce sera plus rigolo – cet album est sans doute un hommage à ses prédécesseurs, tant qu’on y retrouve de quoi boire et manger, avec toutes leurs influences empilées en 36 ans de carrière : Bowie et consorts, la littérature, de longs morceaux, la synthpop gold, des chansons musicalement « miroirs » renvoyant aux antiquités indochinoises, vieilles ou récentes ou des prises de position politiques.

La première question que je pourrais me poser sans réel problème : alors Indochine, c’était mieux avant ? Oui et non. Le groupe génère une forme olympique et une fanbase intergénérationelle, choses qui font réellement parties de leur ADN depuis plusieurs années. Cependant, je sens que la formation est de plus en plus à sa fin. En écoutant pour la première fois l’album avec une amie, quelques minutes après sa sortie sur les plateformes de streaming, je me suis dit : « Non mais c’est l’album de trop, les paroles sont souvent niaises, cherchent davantage avec la simplicité. Les textes bien ficelés de Sirkis période Un Jour Dans Notre Vie me manquent. ». J’étais très mitigée, et a laissé l’album de côté deux jours. Puis, pour l’écriture de cet article, je pensais « Marion, donne une deuxième chance à cet album. T’as peut-être pas tout exploré. ». J’ai bien fait d’écouter mon conscient.

C’est comme avec Black City Parade, prédécesseur de Thirteen, sorti en 2013. A l’époque de sa sortie, je me souviens avoir saigné l’album comme pas possible, toutes pistes confondues. Maintenant, je ne peux qu’écouter une partie de l’album, me semblant potable. Le Fond de l’Air est Rouge ou Wuppertal sont deux magnifiques chansons remplies d’histoire et d’engagement, que je peux réécouter sans souci, contrairement à Anyway ou Europane qui me sont davantage plus raisin que figue. C’est le même sentiment que je rencontre avec son successeur, dont certaines chansons manquent clairement de recherche, de paroles intelligentes, de répétitions dans l’instrumental ou dans les paroles. Ce qui fait l’énorme point noir de cet album, voire de quelques productions d’Indochine depuis Alice & June – soit depuis 2005.

Comment aborder un album, qui ne me plaît qu’à 50% ? Je vais me focaliser sur les titres que j’écoute en boucle et apprécie. Quel challenge de revenir à ses premières sources – soit la new-wave et les morceaux durant plus de cinq minutes sans ressentir une certaine lassitude – déviant une trop grande tendance de fabriquer un opus taillé pour les passages radio en masse notamment. Thirteen détient cependant de futurs classiques. Ce que j’aime chez Indochine – si j’enlève les points négatifs précédemment évoqués – ce sont certaines chansons en relation avec la culture, l’actualité. A la base, le cultisme L’Aventurier s’inspire des bandes-dessinées d’Henri Vernès – et je te renvoie à ces vidéos ici et ici pour approfondir. Cette fois-ci, le groupe a mis en lumière l’oeuvre de l’auteur et peintre américain Henry Darger pour un dantesque instant synthpop 80’s durant cinq minutes et des poussières dans cette piste éponyme. Tout au long de la carrière du groupe, il y a un socle multidisciplinaire artistique qui s’est installé dès les années 80, que ça soit pour les visuels ou les compositions, grâce à une grande soif de curiosité culturelle. La liste est assez longue : Pina Bausch, Sylvia Plath, Serge Gainsbourg, Xavier Dolan et autres. Cela rejoint avec les collaborations contenues dans Thirteen : si on ne compte pas le côté musicalement faiblard de La Vie Est Belle, Asia Argento a réalisé et joué dans la vidéo de ce premier single. Qu’on aime ou non, le clip met en scène les émotions de la vie à fleur de peau dans une narration interne (TW : violences conjugales, mort). Elle pose également sa voix sur Gloria, piste de fermeture pop-rock clairement dispensable.

Concernant les contextes sociaux-politiques, Indochine s’est toujours placé précurseur en parlant sans tabou de politique dans leurs productions. 3ème sexe, Les Tzars, Punishment Park ou même Le fond de l’air est rouge – évoquant le Printemps Erable à Montréal en 2012 – cette force se retrouve dans Thirteen, imprégnée par l’actualité agitée de ces derniers temps. Dans Kimono dans l’ambulance, en référence à l’attaque terroriste du Bataclan, c’est « du mercurochrome sur la violence » que Sirkis énonce, sur un instrumental synthpop froid. Suffragettes BB est musicalement du même tonneau – sans compter la petite référence à Bowie – évoquant le combat pour le droit de vote des femmes, notamment dans la première partie du XXème siècle. Tomboy 1 parle de la violence envers les arrestations des personnes LGBTAQ+, surtout en Russie avec un tel régime politique intolérant. Attendant énormément ce morceau et du featuring avec Kiddy Smile, la redite musicale de Marilyn ne sauve pas vraiment les meubles. Les paroles de ces trois titres manquent clairement de profondeur, bien que les contextes sont choisis avec cohérence. Mais, il n’y pas que des chansons qui m’ont déplues. Il y a Un été français, compo pop-électro taillée pour les rotations radio en grande pompe, dénonçant le « froid national » d’un quinquennat sous un gouvernement d’extrême-droite, scénario qui aurait pu se produire en mai dernier lors des dernières élections présidentielles. Je ne me pourrais pas arrêter sur Trump le monde, petite bombe reggae-rock dressant un portrait dégommant sans scrupule l’actuel président américain.

Un dernier point qui m’a réellement plu dans ce melting pop écoeurant au final, c’est le retour aux productions des 90’s, rappelant parfois les mini chefs d’oeuvre de Dominique Nicolas (membre historique du groupe entre 81 et 95) : Black Sky me rappelle énormément l’album Dancetaria (1999), ce mélange de mélancolie musicale et de paroles – cette fois-ci ! – pas mal tournées vers l’évasion dans une bulle intime et davantage tolérante, à la différence du texte glacial et d’une mélodie en crescendo dans Black City Parade. Cartagène est un mix de l’Indochine du début des années 90, croisé du Le Baiser (1990) pour le texte – où pas mal de références venues de la vie du frontman survivant se sont glissées – et d’Un Jour Dans Notre Vie (1993) pour la musicalité.

Press shoot

Pas facile d’encaisser une telle déception envers ce nouvel album venant d’une petite partie du patrimoine musical français. Or la trop longue durée de cet album et certains morceaux décevants pour ma part ont eu raison de ce mécontentent. Il y a tout de même quelques aspects sympas dans ce Thirteen, mais ce n’est pas assez pour être rassasiée. Allez, je retourne écouter l’underrated Wax, salut !

PS : Parisien.ne ! Je te conseille néanmoins d’aller visiter la petite expo d’Erwin Olaf, photographe néerlandais ayant signé les visuels de cet album. Ca se passe à la Galerie Rabouan Moussion (11 rue Pastourelle, métro Rambuteau) jusqu’au 23 septembre prochain.

Publicités

G E N E V A

Premier article de cette nouvelle catégorie – qui prend désormais pas mal de place dans mon quotidien ! – dépaysante : c’est comment Genève ? Métropole cosmopolite proche des frontières françaises, cette ville est un véritable miroir de la citoyenneté mondiale. Théâtre de la naissance de l’ONU ou de la Croix-Rouge, elle n’en est pas moins créative et attirante. Je suis donc allée passer deux jours là-bas, en mode « faudrait-que-j’ai-du-wifi-because-j’ai-pas-envie-de-faire-du-hors-forfait-avec-ce-forfait-de-mes-reins-pourquoi-la-Suisse-ne-fait-pas-partie-du roaming » pour rechercher telle rue/tel truc blabla. Du coup voilà quelques bons plans quartiers/trucs cools à faire/dormir, manger et boire pour pas trop cher (la Suisse c’est cher et avec les Francs Suisses on s’en rend pas trop compte)/trucs a ramener de cette ville.

DOOORMIR :

Vu mon budget un peu limité et le fait que les hôtels sont assez chers là-bas (de même que pour les Airbnb), une seule solution : squatter les auberges de jeunesse. Après un checking des avis sur HostelWorld, je booke deux nuits au Geneva Hostel pour 67€ (72 francs). Et autant dire que je n’étais pas déçue : déco minimale et moderne, choix d’un dortoir mixte ou 100 % féminin lors de la réservation. La wifi est gratuite, de même que pour le petit déj – local et pas mal consistant, je me suis régalée en mangeant mon bol de bircher muesli et mes tartines de charcuterie/confiture – un casier verrouillé dans le dortoir pour y mettre tes affaires, les plans de la ville ou la carte de transports, que tu pourras t’en servir à volonté durant ton séjour – ce qui est trèèèès pratique. Ce lieu comporte également une salle de lecture, une buanderie, un espace cuisine. Des bonus non négligeables !

Geneva Hostel, 28-30 rue Rothschild, Genève – http://genevahostel.ch

Crédit : Marion Hermet

MAAAANGER :

Les midis, je développais une passion pour le Manora, caféte du Manor – qui est un très grand magasin à la taille d’un Galeries Lafayette à Genève – avec un choix de nourriture dont on ne sait plus donner de la tête. En Suisse, chaque supermarché (Migros, Coop) a sa propre chaîne de caféte bien à elle. Et si vous voulez bien manger sans payer un bras, c’est presque possible. Mais on va se concentrer sur le Manora, qui propose un choix de buffet pour les salades, les légumes, les pizzas, les pâtes, les soupes – le bouillon de légumes avec des toppings tels que le parmesan, les oignons, le persil ou les croûtons sont un des meilleurs trucs qui m’est arrivé dans cette vie – les salades de fruits et les pâtisseries. Ils proposent également un assortiment copieux de poissons/viande/bouffe végétarienne, sans oublier des mets issus de la cuisine asiatique – ah les dim sun ah les rouleaux de printemps – et des boissons bien miam miam : gaspacho, lassi, smoothie, thé glacé. On paye à l’assiette – et je me suis faite avoir sur la soupe ou la salade – donc fais bien gaffe car le prix de la grande assiette de salade coûte dans les 11 francs environ. Bref, il faut compter pour environ 14/16 francs, voire plus si on prend un plat principal qui s’élève dans les 14/18 francs et qu’on rajoute un dessert et une boisson. Mais au moins, vous pouvez manger avec une vue imparable sur la ville – et les montagnes en passant – et les fruits/légumes sont cueillis dans un périmètre de 30km de la cafète.

Et t’as juste envie de prendre un(e) sandwich/salade/plat de pâtes, direction le Manor Food qui est situé en entrant dans le magasin, rue Rousseau. C’est un supermarché tellement grand que la visite vaut le coup, et les espaces pour acheter de la nourriture à emporter sont grands – en tout cas plus grands qu’en France – à tel point qu’il y a aussi un endroit pour composer son plat chaud – avec option végétarienne – ou de se servir en soupe. C’est un peu moins cher qu’à la cafète mais il faut débourser dans les 9-11 francs pour un plat avec boisson. Bien entendu, tu pourras faire tes réserves de chocolat suisse – ou en ramener à la maison – ici.

LA FOOOONDUE – Crédit : Marion Hermet

Si t’as envie de manger une bonne fondue moitié-moitié ou autre plat traditionnel, direction l’Escalade. C’était une bonne galère pour trouver un resto proposant des fondues pour pas trop cher, or j’suis tombée dessus en passant dans cette rue. Pour une vingtaine de francs – 19,5 pour être plus précise – t’as un bon petit plat bien copieux et savoureux pour les temps froids ou de pluie ! Et pour arroser tout ça, quoi de mieux qu’une bière locale ? Ca se passe à La Petite Reine, bar culturel indé situé en face de la gare Cornavin. Les Nébuleuses – aka une des deux bières proposées – a un petit goût fruité pas mal sympathique. Au passage, ils proposent également des soupes et des empanadas pour le côté manger.

Et puis si t’as vraiment envie de manger pour pas cher du tout, la solution se trouve dans les supermarchés style Migros, Lidl ou Coop : tu trouveras des stands de boulangerie (roulades d’épinards, tomate-mozza, mini-pizzas, pâtisseries locales), des salades pour s’improviser un pique-nique voire un apéro en plein air à la Cité du Temps, des brochettes de poulet, des desserts… Si jamais tu vas à un Migros, pense à goûter au thé glacé au packaging très 90’s et dispo en plusieurs parfums : citron, pêche, mangue…

Manor (avec Manora), 6 rue Cornavin / Manor Food, rue Rousseau / L’Escalade, 8 rue de Coutance / La Petite Reine, 15 place de Montbrillant, http://cafelapetitereine.ch / Migros, 18-20 rue de Lausanne (mais il y en a un peu partout dans la ville) / Coop, 5 rue du Commerce (pareil que Migros, c’est une chaîne pas mal implantée sur Genève donc il y a bien un endroit qui saura combler ton ventre). 

A VIIIIISITER : 

Il est tout à fait possible de visiter Genève en deux jours, du moins les highlights de la ville… Sinon c’est une toute autre histoire. Il faut dire que entre la pluie, la longueur de la ville, la fatigue et le tas d’événements se produisant – surtout pendant les fêtes de Genève, durant une dizaine de jours juste après la fête nationale qui est le 1er août – il a été compliqué de tout tout voir. On peut prendre le petit train touristique pour visiter la ville, mais cela dépend du budget.

La vielle ville de Genève – Crédit : Marion Hermet

D’abord, la vieille ville de Genève : j’ai pu y passer très rapidement. Elle se distingue beaucoup avec une grande partie locale urbaine et contemporaine : une petite balade n’est absolument pas négligeable. On peut y découvrir l’histoire de la cité genevoise sous les briques, de la Place du Bourg-au-Four au saut à la promenade Saint-Antoine pour se poser. Envie de musées ? Direction le musée d’Art et d’Histoire, avec ses quelques expos (les temporaires sont souvent gratuites) tous azimuts.

Le jet d’eau – Crédit : Marion Hermet

Autre étape de l’exploration : la promenade autour du Lac Léman et du jet d’eau ! Mon petit conseil : prends une mouette genevoise – incluse dans la carte de transport – pour le départ et/ou le retour, tout en admirant ce jet impressionnant, élément emblématique de la ville. Malgré le mauvais temps ce jour-là, j’avais l’impression d’être à la mer ! On n’oublie pas le passage aux quartier des Nations : c’est là où se situe l’ONU, des entreprises multinationales ou la Broken Chair de Daniel Berset, ayant une histoire à caractère humanitaire et engagé. Construite suite à une commande de Handicap International en 1997, elle dénonce l’utilisation des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions.

L’ONU ! – Crédit : Marion Hermet

Et si t’as envie de prendre quelques vinyles/mater un showcase gratuit – cela dépend de la programmation – fonce au Bongo Joe Records, un des QG musicalement hype de la ville. De nombreuses salles de concert, théâtres… programment différents événements durant toute l’année scolaire – et même l’été ! Tu retrouveras tout ceci sur le site touristique de Genève, ici.

Bongo Joe Records, 9 place des Augustins, http://www.bongojoe.ch

 

Le marathon estival.

C’est déjà les vacances pour certain-e-s et bientôt pour d’autres. Pendant ces semaines à la relâche, on n’a pas tou-s-tes l’occasion de savourer réellement une série ou un livre avec les nombreuses contraintes quotidiennes. Avec la période estivale qui arrive, tu vas sûrement rattraper certaines séries, lire des romans et de découvrir de nouveaux horizons culturels. Cela tombe très bien, car je vais te parler des différentes ressources culturelles qui vont m’accompagner durant ces prochaines semaines, en voyage comme à la maison. Ce qui peut te donner certaines pistes.

LITTÉRATURE

  • The Girls, Emma Cline (à gauche) : J’ai commencé récemment la lecture, et bien qu’il soit vraiment dense concernant les détails, le début de l’intrigue est fort intéressante. Celle-ci se déroule à la fin des 60’s, au nord de la Californie. Evie est une ado solidaire, parfois incomprise, ayant pour seule compagnie sa meilleure amie Connie, en plus de ses parents avec un mode de vie un peu atypique. Elle adule discrètement un trio de jeunes adultes, dont Suzanne, revendiquant une certaine liberté, et entreprend une véritable quête d’identité. Je trouve personnellement qu’Emma Cline à une plume fascinante pour évoquer certains thèmes et quotidiens qui me passionnent. Certes, je n’en suis qu’au début (soit une soixantaine de pages) mais cela présage une suite vivement hâtive.

  • Mon Amie Gabrielle, Cordélia (au centre) : Ce nom ne te dira peut-être pas grand chose, mais Cordélia est à la fois vidéaste, autrice et activiste LGBTQA+ inspirante, à suivre entre autre sur Twitter. Elle a publié à la fin 2016 son premier roman, évoquant sur une période d’une dizaine d’années, les vies de Salah et Gabrielle. Centré autour de la transsexualité, invoqué sûrement avec sincérité et réflexion, cela ne fait que renforcer mon excitation de le lire. Petit bonus (en plus de sa publication en auto-édition) : le e-book est à prix libre, avec possibilité de faire un petit don pour soutenir ses prochaines publications ! Il est à retrouver ici.

  • Trois Saisons D’Orage, Cécile Coulon (à droite) : Ca faisait un moment que je voulais lire de la littérature locale, vu que cette autrice vient de ma ville actuelle. Après avoir entendu bon nombre d’éloges la concernant, il est grand temps d’ajouter son dernier ouvrage dans ma PAL. Celui-ci oppose la ville et la campagne, l’humain et l’état naturel, dans une saga aux allures de vestiges d’été. Le cadre spatio-temporel ? Le XXème siècle. Un village, des familles, travaillant dans le médical ou l’agriculture. Un véritable retour aux sources pour comprendre les tragédies d’une génération.

 

SÉRIES

  • Sense8, 2 saisons : Même en n’ayant pas encore suivi cette série, je ne comprends pas que Netflix l’ait annulée pour des raisons budgétaires (voire de marketing !). Cependant, les valeurs progressistes portées par Sense8 sont remplies d’espoir dans un monde qui sombre petit à petit dans la régression des libertés, surtout pour les minorités. Raison de plus de la regarder et de pleurer (de joie ou de tristesse) à la fin.

  • SKAM, 4 saisons : Impossible de ne pas parler du phénomène norvégien devenu viral. La forme de présentation des aventures de cette bande de jeunes adultes est bien foutue (compte 20 min environ réunissant 5 pastilles de 4/5 min pour un épisode), et même si les deux premiers épisodes m’ont convaincue à moitié, je compte bien laisser une chance. Ce que j’apprécie le plus dans SKAM ? Son OST et le traitement de la réalité, reflétant au mieux le quotidien de ces millennals.

  • The Handmaid’s Tale, 1 saison (TW : viol) : Sous le parfum du totalitarisme, les USA réduisent désormais toutes les femmes à un seul droit et devoir : la procréation, notamment de force. A l’heure où certains pays remettent sur la table les droits à l’IVG et à l’accès de prévention, cette série (ainsi que le roman ayant servi à cette adaptation) sont des ressources fortement utiles.

  • Sweet/Vicious, 1 saison : Même sentence (hélas !) que Sense8, Sweet/Vicious est une série qui aurait mérité une suite, en plus d’être TROP sous-estimée. A la tête de ces 10 épisodes, un duo de nanas complètement badass, traitant des agressions sexuelles avec réalisme et donnant la parole aux victimes. Ce qui est assez rare dans le monde audiovisuel, alors que les viols sont toujours minimisés et en faveur de l’agresseur. Cette série est clairement d’utilité !

 

MUSIQUE

  • Melodrama, Lorde : Et si c’était l’album pop de l’année ? La néo-zélandaise met en musique les mélodies de la fête et de la tristesse avec des tubes à la pelle renvoyant à notre époque si tourmentée. Toujours aussi dark que Pure Heroine, ce deuxième opus a cependant un côté plus lumineux et travaillé, fonctionnant comme un ascenseur émotionnel en decrescendo. Écoute Supercut, Homemade Dynamite, Perfect Places ou Sober : celles-ci reflètent totalement un mode de vie en automatique (et notre société !) soit boire et s’amuser pour oublier les peines sans tomber dans l’excentricité.

  • Truth Is A Beautiful Thing, London Grammar : La recette de la bande de Hannah Reid n’a pas changé. Des mélodies minimalistes, une voix envoûtante et un moment suspendu hors du temps. C’est toujours aussi doux pour les oreilles et le coeur. Et puis Oh Woman Oh Man et Truth Is A Beautiful Thing me rendent toute chose quand je les écoute.

  • Cigarettes After Sex, Cigarettes After Sex : J’arrive après le début de hype de ce groupe, soit deux ans après, cependant ce premier LP des américains vaut clairement le détour. Un album aux influences cinématographiques, à la voix velourée et unisexe de Greg Gonzalez, autour de l’amour. Et dieu sait qu’on a envie de tomber en amour avec cette BO caniculaire, un poil mélancolique et vintage. A écouter avec un verre de vin rouge à la main.

FILMS

Deux films récents, à voir au cinéma actuellement : Visages Villages, une collaboration entre Agnès Varda (réalisatrice que j’ADULE !) et le dessinateur JR. Le duo s’élance dans un voyage humain et rural à travers l’hexagone (avec un camion), renouant avec la source campagnarde et la vie locale. Les dessins de JR prennent d’ailleurs vie dans ces coins-là, raison de plus de privilégier davantage ce mode de transmission artistique. Quant à Ava de Léa Mysius, il raconte le combat de vie d’Ava, une jeune ado perdant doucement la vue. La prestation de Noée Abita (au moins ce que j’ai vu) est pas mal impressionnante pour son âge, privilégiant le corps et les autres sens pour se lancer à la quête de l’identité. Le traitement de l’image (avec un tournage en pellicule 35mn) peut effectivement finir par te convaincre !

Deux tonalités, deux mondes.

Avant une pause concernant l’arpentage de lives, mon mois d’avril était riche en concerts programmés depuis un moment ou à la dernière minute. Il y en a deux qui ont retenu mon attention, un que j’ai réellement apprécié et un autre qui était sans énorme attractivité voire passable : Austra à l’Epicerie Moderne et Jain à la Coopérative de Mai. Attention, cet article n’est pas un match opposé, mais des mini-reviews à part entière.

AUSTRA – Epicerie Moderne (Feyzin, 69) – 12/04

Crédit : Marion Hermet

Voir la bande de Katie Stelmanis était un vieux souhait datant de quelques années, et le déplacement sur Feyzin valait vraiment le coup. Leur dernier album, Future Politics, est rempli de bon sens à l’heure où les populismes remontent à la surface du monde. Il est d’ailleurs important de souligner l’importance de s’interroger sur notre monde actuel – et de son sort – en s’imprégnant du pouvoir de la synthpop. En déesse moderne mi-lyrique mi-punk, une des têtes de la queer music canadienne déploie une aura vocale de soprano non loin d’une Florence Welch. Affichant trois albums en une dizaine d’années de carrière, la tournure musicale a réellement pris une ampleur sombre lors des premiers morceaux du set, soit les quatre titres introduisant ce dernier opus, ou plutôt, de cette dystopie actuelle imaginée par Stelmanis et ses compères. Un monde accentué par le lyrisme dramatique, comme si le concert devenait un théâtre engagé vers l’émancipation et la réflexion. Mais bon, le live en lui-même ressemblait également à un best-of : ne connaissant pas Lose It ou Beat And The Pulse – j’étais clairement passée à côté – c’était un petit bonheur de les découvrir, sans oublier le demi-trémoussage du corps – oui oui – sur Painful Like ou Home. Il paraît qu’au delà de l’observation, la pop synthétique d’Austra peut réveiller les morts.

JAIN – Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand, 63) – 19/04

Crédit : Marion Hermet

Je ne vais pas plus présenter l’artiste en elle-même – elle est désormais un peu partout alors t’as sûrement entendu.e au moins une fois dans ta vie Makeba ou Come – mais j’étais vraiment curieuse du virage pris dans sa scénographie. Vue une première fois à Europavox l’année dernière, j’avais eu un petit coup de coeur pour elle : son mélange des cultures et son énergie étaient impressionnants, surtout pour une artiste débarquant à peine dans la véritable sphère musicale. Le début du concert était mal parti : j’avais peur que le côté hyper-médiatique avait pris le dessus du domaine artistique et qu’elle se présente comme une simple artiste marketée malgré des signes visuels désormais marquants (sa tenue et des tableaux de scène rappelant Keith Haring ou Marjane Satrapi). Au fur et à mesure que le set avançait, je l’ai malheureusement ressenti de cette façon. C’est peut-être pour une de ces raisons que je n’aime pas forcément aller voir des artistes archi-connus en live. Sauf que, point positif dans tout ça : ce concert était un véritable juke-box vocal et que la dancefloor vibe a réellement pris le dessus. C’est surtout l’ambiance en elle-même qui a sauvé les meubles d’une soirée qui m’a convaincue à moitié. Jain est une véritable showhuman menant sa baguette pour mettre l’audience en sueur puissance mile. C’était gratifiant d’entendre Dynabeat ou Lil Mama en claquant des doigts ou en sautillant comme si sa vie en dépendait.

Le féminisme en trois podcasts.

Aujourd’hui, c’est la Journée Internationale de la Lutte des Droits des Femmes. En ces temps troubles, entre la remise en question de l’avortement à travers le monde (Pologne, USA, voire la France et autres…) ou les inégalités multi-sociétales femmes/hommes, on n’a plus que jamais besoin du féminisme, contrairement à certain-es qui s’amusent à le rendre « accessoire » comme un simple phénomène de mode : les récentes unes de la presse féminine – Elle, Glamour – ou de l’édito de Glamour (bien stéréotypé d’ailleurs) – voir le tweet de Florence Pelissier ci-dessous – en témoignent.

Non, le féminisme n’est pas « pop » et « léger », il est fort, engagé et multiculturel. On évite de lire ces papiers qui le décrédibilisent, d’accepter les offres commerciales spécialement montées pour ce jour-là. Voici trois podcasts, gratuits, autour du féminisme, que ça soit dans l’histoire, la musique ou la société, avec des figures modernes ou contemporaines, à écouter et à partager.

A l’occasion des Women’s March en janvier dernier, France Culture s’était intéressée aux voix du féminisme, à travers discours et archives. Simone de Beauvoir, Michelle Obama, Christiane Taubira ou Benoîte Groult : toutes ont marquées un morceau de l’Histoire.

Encore chez France Culture, qui consacrait en août dernier une série de documentaires produites par Charlotte Bienaimé et réalisées par Annabelle Brouard, autour des nouvelles voies du féminisme. L’IVG, les violences, le féminisme post-colonial… Ces podcasts – longs mais hyper intéressants – sont de bonnes ressources pour se constituer une culture féministe et à comprendre les enjeux importants des combats menés depuis des décennies.

L’industrie de la musique étant encore trop masculinisé, sexiste et misogyne, la musicienne et interprète britannique Laura Marling a enregistré l’année dernière une série de dix podcasts, Reversal Of The Muse. Donnant la parole à différentes actrices du monde musical, qu’elles soient productrices, musiciennes, compositrices, songwriteuses ou ingénieuses du son : Marika Hackman, Dolly Parton, Karen Elson, les soeurs Haim ou Catherine Marks, ces dernières évoquent la créativité musicale au féminin et la place des femmes dans l’art.

« kitsch oldies but goodies ».

90plst

Tout est dans le titre. Une playlist qui sent bon le bon vieux CD estampillé Dance Machine, peut-être bien rayé à force de l’écouter 43246 fois dans la voiture ou sur son lecteur CD/sa chaîne-hifi. Des titres joués plus ou moins à la radio, nichés entre Madonna et un groupe dont vous ne souvenez plus de leur existence. Ou alors, vous étiez bien trop jeunes pour vous rappeler d’unetelle chanson, trop occupé à résumer son monde à un berceau et des peluches. Glisse une diabolo grenadine dans ton verre ou ta gourde, mets ton casque et (re)plonge-toi dans les 90’s/tout début des 00’s, avec des traces de régressif, de boys band, d’eurodance kitsch, de rap/électro qui te feront du bien.

Des légumes et de l’art.

Capture de son site off (je n'avais pas très envie de lui piquer une illustration sans son autorisation...)
Capture de son site off (je n’avais pas très envie de lui piquer une illustration sans son autorisation…)
Aujourd’hui, je m’intéresse aux illustrations rétro et gustatives de Martha Anne ! Dessinatrice britannique, ses tableaux de légumes ou de pâtes me rappelle les fameuses présentations d’aliments – pour voir de quoi je parle, c’est ici ! – trônant dans certaines cuisines. Elle ne fait pas seulement des dessins de bouffe, mais aussi des chats trop mignons, d’adorables personnages variés et des cartes de voeux à tomber !

Pour en savoir plus sur son univers, go visiter son site off et son Etsy !